Easter Tea
dimanche 21 mai 2006 à 09:44
Comment ça on est pas à Pâques ? Si l'on en croit la météo, on en est pas loin. Et puis pour Pâques, sortant de mon hospitalisation, je n'avais pas eu l'occasion de me fournir en ces thés évènementiels.
Hier je me rendais en ville pour aller à la bibliothèque (au cas où je manquerais de lecture) mais aussi pour aller chercher deux théières. Elles étaient commandées depuis fort longtemps chez une pâtissière que j'affectionne car elle a un assez joli assortiment de thés Damman et, ce qui est plus rare, tout une cohorte des théières figuratives japonaises que j'affectionne. Qui plus est, elle en est aussi toquée que moi, s'extasiant devant chaque modèle. Elle est aussi férue de thé. bref, je passe toujours chez elle un bon moment pendant qu'elle laisse les clients s'aglutiner derrière moi.
Pendant qu'elle allait chercher mes théières, je promenais un regard nonchalant sur les grosses boîtes à thés lorsque caché par une autre étiquette il me sembla distinguer Easter Tea. Il vous reste du thé de Pâques ? Oh oui, maintenant je le fais toute l'année tellement il a de succès
. Taïan Akita tous les sens en alerte. Je peux le voir ?
Oh délices ! D'abord il est beau : très sombre, parsemé de pétales de roses rouges et de bleuets. Et puis quel parfum ! Quelque chose de liquoreux et caramélisé à la fois. Quelque chose de très doux comme un châle qu'on pose sur les épaules.
Aujourd'hui je n'avais qu'une hâte, déguster ce nouveau thé. Passé mon traditionnel Russian Earl Grey. J'inaugure, avec tout un plaisir anticipé, une des nouvelles théières avec cet Easter Tea.
J'hume le liquide fumant, mes lunettes se couvrent de buée. Parfum d'un bon thé accompagé des effluves de marasquin. Pour moi il évoque toujours les chocolats à la liqueur qu'on s'arrache à la maison.
En bouche c'est la vanille qui se présente en premier. Une vanille crémeuse et légèrement chocolatée. Un petit goût de goûters d'enfance quand après avoir bravée la pluie pour encore jouer dehors je retrouvais le réconfort d'une cuisine toute chaude sur le poêle de laquelle mon grand-père avait préparé du lait à la vanille. Le chocolat est en arrière, la gorgée de thé avalée il explose en bouche. on croirait venir de sucer un carré de chocolat noir. On a dans le palais toutes les consolations qu'il apporte. Mais je reprends ma tasse, ce thé là demande à être dégusté brûlant.
Chaque gorgée est douceur et réconfort. Dans le jardin la grisaille, la pluie et le vent ont établi leur royaume. Ici, un liquide d'ambre mordoré transforme la journée en quelque chose de douillet.
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