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Taian Akita

You drink your coffee and I sip my tea. I spill my tea, oh silly me!

Easter Tea

Comment ça on est pas à Pâques ? Si l'on en croit la météo, on en est pas loin. Et puis pour Pâques, sortant de mon hospitalisation, je n'avais pas eu l'occasion de me fournir en ces thés évènementiels.

Hier je me rendais en ville pour aller à la bibliothèque (au cas où je manquerais de lecture) mais aussi pour aller chercher deux théières. Elles étaient commandées depuis fort longtemps chez une pâtissière que j'affectionne car elle a un assez joli assortiment de thés Damman et, ce qui est plus rare, tout une cohorte des théières figuratives japonaises que j'affectionne. Qui plus est, elle en est aussi toquée que moi, s'extasiant devant chaque modèle. Elle est aussi férue de thé. bref, je passe toujours chez elle un bon moment pendant qu'elle laisse les clients s'aglutiner derrière moi.

Pendant qu'elle allait chercher mes théières, je promenais un regard nonchalant sur les grosses boîtes à thés lorsque caché par une autre étiquette il me sembla distinguer Easter Tea. Il vous reste du thé de Pâques ? Oh oui, maintenant je le fais toute l'année tellement il a de succès. Taïan Akita tous les sens en alerte. Je peux le voir ?

Oh délices ! D'abord il est beau : très sombre, parsemé de pétales de roses rouges et de bleuets. Et puis quel parfum ! Quelque chose de liquoreux et caramélisé à la fois. Quelque chose de très doux comme un châle qu'on pose sur les épaules.

Aujourd'hui je n'avais qu'une hâte, déguster ce nouveau thé. Passé mon traditionnel Russian Earl Grey. J'inaugure, avec tout un plaisir anticipé, une des nouvelles théières avec cet Easter Tea.

J'hume le liquide fumant, mes lunettes se couvrent de buée. Parfum d'un bon thé accompagé des effluves de marasquin. Pour moi il évoque toujours les chocolats à la liqueur qu'on s'arrache à la maison.

En bouche c'est la vanille qui se présente en premier. Une vanille crémeuse et légèrement chocolatée. Un petit goût de goûters d'enfance quand après avoir bravée la pluie pour encore jouer dehors je retrouvais le réconfort d'une cuisine toute chaude sur le poêle de laquelle mon grand-père avait préparé du lait à la vanille. Le chocolat est en arrière, la gorgée de thé avalée il explose en bouche. on croirait venir de sucer un carré de chocolat noir. On a dans le palais toutes les consolations qu'il apporte. Mais je reprends ma tasse, ce thé là demande à être dégusté brûlant.

Chaque gorgée est douceur et réconfort. Dans le jardin la grisaille, la pluie et le vent ont établi leur royaume. Ici, un liquide d'ambre mordoré transforme la journée en quelque chose de douillet.


Le thé Russian Earl Grey

En préparant mon thé ce matin, je me posais la question : Mais, leur ai-je parlé de mon thé de tous les matins. Vérification faite il s'avère que non.

Ma meilleure amie s'étonnait un jour : Comment, toi qui as les meilleurs thés du monde, tu bois un vulgaire Lipton ! Et oui, je ne boude pas mon plaisir où je le trouve. Au réveil, je n'ai qu'une idée en tête : siroter mon Russian Earl Grey.

Tous les matins lorsque j'ouvre la belle boîte bleue c'est le même émerveillement. D'abord il est beau : d'un noir très profond parsemé de pétales de bleuets et d'écorces d'agrumes. Et puis, il y a le parfum...Ce parfum presque agressif de bergamote, qui picote le nez par ses notes acides. Je rêverais de le porter comme parfum. D'ailleurs je voue une telle passion à la bergamote que souvent le soir je dépose quelques gouttes d'huile essentielle sur mon oreiller.

Ensuite il y a un cérémonial immuable. C'est ma théière Yixing qui lui est dédiée. Une théière à mémoire qui s'est culottée avec les années, s'est imprégnée de son parfum unique.

Je déroge pour cette dégustation en le préparant dans ma théière en verre et cela me paraît presque incongru.

C'est un thé qui sombre très lentement dans l'eau, ballet aquatique tout en douceur. Avec, bien sûr, les écorces d'agrumes qui surnagent et s'enflent.

La liqueur prend immédiatement des teintes de vieux bois longuement patinés.

En se penchant sur sa tasse, on est surpris de ne pas retrouver les senteurs agrestes. C'est au contraire le parfum d'un thé chaleureux qui vous enveloppe.

Oh, la bergamote n'est pas loin. On la retrouve tout de suite en bouche. Mais adoucie par les rondeurs du thé, accompagnée de pointes d'autres agrumes.

Ce thé là à une saveur à pour moi particulière. La saveur des petits-déjeuners avec mes enfants. La saveur de petits-déjeuners solitaires au bout de la grande table de la cuisine avec les fenêtres qui s'ouvrent sur le jardin et les prés des chevaux. La saveur du moment d'acalmie quand il faut vite partir travailler mais que je m'autorise cette parenthèse dans le temps. La saveur des premiers beaux jours qui permettent d'emporter le thé dehors. Dans mon lit, sur un coin de table, dans un fauteuil, avec du lait, quelques gouttes de citron, noir (c'est mon petit noir), ce thé là a une saveur particulière...La saveur de tous les matins quand le monde reste encore à découvrir.


Le thé Fleur de Geisha

Cela m'a paru fort étrange lorsque je me suis aperçue l'autre jour que je n'avais jamais commis de billet sur ce pilier de ma carte des thés. Certains font un séjour sur mes étagères mais n'appellent pas à une présence perpétuelle. De celui-ci il en va autrement.

Je me souviens très bien de la première fois où je l'ai rencontré. Lors d'un petit séjour à Paris, j'étais allée faire de menues emplettes au Palais des Thés. Je venais de choisir pour une amie de l'encens à la fleur de cerisier car elle raffolait de cette senteur. Lorsque, le vendeur me dit fort obligemment : Mais, savez-vous que nous avons un thé vert du Japon à la fleur de cerisier : le Fleur de Geisha. Un nom qui fait rêver, un parfum intriguant. Je demandais tout de suite à voir. Et, lorsque je plongeais mon nez dans la grande boîte, il ne fut plus question d'en acheter seulement pour mon amie. Ce fut le début d'une longue fidélité.

A l'ouverture du paquet c'est à chaque fois la même émotion. Les senteurs sont liquoreuses et entêtantes. Lorsque j'étais jeune fille, j'aimais courrir les collines de ma Provence natale. Au temps des cerises j'y traquais les cerisiers sauvages. Ils m'offraient de minuscules cerises acides, presque sans chair, dont je croquais toujours le petit noyau tendre. Je le recrachais bien vite avant que l'amertume ne m'emporte la bouche. Mais, j'avais eu pendant un instant ce goût unique : l'accès au coeur du fruit, à son essence même. C'est exactement cette impression que je retrouve en humant ce thé. Il m'arrive de rester de longues minutes ainsi à simplement le sentir en oubliant presque la préparation.

Mais je me reprends.

Dans la main c'est un thé en tout petits morceaux qui offre une grande variété de verts.

Puisque c'est ma nouvelle théière Kyusu qui lui est dédiée, je me lance dans notre petit cérémonial. L'ébouillanter, prélever deux cuillères de thé pour les déposer dans le petit tamis et verser l'eau doucement en m'émerveillant de la mousse verte qui se forme.

thé dans un tamis de théière formant une légère mousse

La liqueur est d'une limpidité cristalline, d'un beau vert qui tire vers l'or si le soleil s'y pose.

En bouche, il est étonnant. Une note d'amertume tout de suite adoucie par une saveur fleurie. Les deux font un mariage des contraires on ne peut plus réussi.

Je laisse mon esprit vagabonder. Un peu du côté du très beau film Mémoires d'une Geisha. Un peu du coté de mes années estudiantines à Paris lorsqu'une je m'étais retrouvée dans un parc sous une pluie sans fin de pétales de cerisiers. J'étais restée là des heures à les regarder tomber.

J'ai fini de siroter ma troisième tasse. Les pétales continuent de voltiger. Je crois que je vais aller me refaire une théière...

tableau représentant trois geishas autour d'un service à thé Tableau, Katou


Le thé Rêve du Papillon

Sur un catalogue en ligne des noms, des noms qui font rêver. Et puis celui-ci tout particulièrement : Rêve du Papillon (amande, gingembre, pomme, vanille).

Ne pas pouvoir humer,voir, est bien frustrant. Mais ma campagne éloignée me pousse à commander souvent sur internet. Et, j'avais entendu des éloges de Cha Yuan, cette maison lyonnaise. Un beau jour je me décidais à passer ma première commande, avec en tête de liste ce thé ci.

Ce soir j'hésitais. Plusieurs dégustations sont attendues. J'ai ouvert différent paquets, plongé mon nez dans leurs invitations. Mon coeur chagrin a fondu sous les douceurs prometeuses de ce Rêve là.

A l'ouverture du paquet tout n'est que douceur en effet. C'est la part d'enfance qu'il éveille en moi. Des boissons de goûters encore frileux. Lorsqu'on a bien joué dehors puis que brusquement la brise vous glace. Dans une cuisine pleine de chaleur somnoler presque sur sa chaise avec un liquide brûlant entre les mains. N'entendre plus les voix des adultes que comme ouatées, la certitude au coeur que tout est bien à sa place.

Je fais glisser le thé dans ma main. Un magnifique thé noir très largement parsemé de fruits : éclats d'amandes, gros morceaux de pommes tout frippés; je me laisse aller à leur appel et en grignote un. Douceur de souvenirs de pommes caramélisées. Qu'il est rare de pouvoir ainsi grappiller dans un thé.

L'eau est prête. Je jette deux cuillères dans la théière, verse. Il sombre immédiatement ne laissant surnager que les pommes qui se gonflent, s'enflent.

La liqueur est d'or pâle.

Penchée sur ma tasse, encerclée par mes deux mains, je retourne dans ma cuisine d'enfance.

A la première gorgée c'est la vanille qui éclot dans la bouche avec sa cohorte de desserts doux. Puis s'en vient la pomme. De ces toutes dernières pommes d'automne, toutes frippées, à la consistance étrange mais au côté sucré irrésistible. D'où vient cette note fraîche qui reste en bouche et nous rappelle vers les beaux jours ? De l'amande peut-être.

Je sirote mon thé. La maison me paraît plus confortable tout à coup. De mon coeur le chagrin s'est envolé. Une aile de papillon a caressé ma joue emportant les ombres noires.

aquarelle non figurative évoquant un papillon en vol


Le thé Rêve Printanier

Quel thé choisir pour le retour ? J'en ai ramené de si beaux, si délicieux...

Puis celui-ci vint s'imposer tout naturellement puisque me voici rendue au printemps de la vie.

J'ai sorti avec révérence ma théière transparente abandonnée sur son étagère pendant tant de jours. La tasse transparente avec son cerclage d'arabesques de fer aussi. J'ai sorti délicatement le sachet de thé du petit meuble à thé offert par mon amoureux pour fêter mon retour. J'ai sorti ces immenses cuillères que j'aime tant voir plonger dans les paquets.

A l'ouverture du sachet c'est un parfum d'épices qui domine, picote le nez. Des senteurs presque alcoolisées ou éclate brusquement la pointe de l'amande.

Dans la main c'est un petit thé noir sans rien de spectaculaire, parsemé ici et là d'éclats d'amandes.

Dans la théière il virevolte joliment comme dans une boule à neige. Je m'installe quelques minutes à regarder cette danse douce gentiment accompagnée de la musique des enfants.

Il est temps de verser la liqueur d'ambre clair. D'humer le breuvage.

En bouche, on reçoit d'abord la douceur de la canelle puis viennent picoter d'autres épices : gingembre, clou de girofle...On est encore dans quelque chose d'hivernal, les saveurs épicées des thés de Noël. Oui, mais...L'amande s'impose avec des notes fraîches qui font rêver aux jours ensoleillés.

Rêve de gateaux d'enfance. Rêve printanier.

Caresser tendrement les chats en absorbant la chaleur de leur pelage. Rêve printanier.

Sur le bleu du ciel, le jaune moussu du forsythia. Rêve printanier.

Se griser de la cacophonie des oiseaux d'eau sur le lac, des bruits d'éclaboussures. Rêve printanier.

Encore enveloppée frileusement dans un châle, vouloir capturer les rayons du soleil, le visage livré. Rêve printanier.

Redécouvrir toute la maison, les objets, au gré des rayons de soleil égarés. Rêve printanier.

Puis enfin en jupon léger, caresser les fleurs de cerisier, voir renaître le pommier qu'on croyait perdu. Rêve printanier.


Le thé Eros

Douce émotion.

J'avais reçu le paquet jeudi. Puisque je suis la chanceuse qui s'est fait offrir pour la Saint Valentin toute la sélection des thés Mariage Frères assortis en prime d'une tisanière en porcelaine du Fujian et d'une passoire victorienne. Il n'est pas en reste puisque de mon côté c'est un Tarry Lapsang Souchong que je lui ai offert avec un pot de terre pour le conserver avec mémoire. Le début d'un rite pour les années à venir.

Mais l'on s'égare. Revenons à mon cadeau. Si je n'ai pu m'empêcher d'ouvrir le carton fébrilement pour découvrir les merveilles qui reposait en son sein, je n'avais pu me résoudre à entamer les dégustations en l'absence de l'aimé. Il me manquait trop que dire d'autre.

Depuis hier je le retrouve à mes côtés et m'émerveille du plaisir de nos retrouvailles. Tout est prétexte à la fête comme le petit déjeuner mi-provençal mi-chinois qu'il nous avait concocté ce matin.

Le moment idéal donc pour rouvrir vraiment mon carton. Déballer les trésors qu'il contenait et les installer dans un panier en osier.

J'ai longuement hésité. Relisant toutes les alléchantes descriptions. Sur lequel allais-je ouvrir le bal ? J'ai humé avec respect les délicates fragances que chacun offrait. J'étais à chaque fois tentée. Et puis le hasard a voulu que celui-ci vienne en dernier.

A l'ouverture de la boîte c'est un Oh! d'admiration qui m'a échappé tant était beau ce thé noir parsemé de fleurs. Des fleurs de mauves entières, de larges pétales d'hibiscus.

Mais où l'émotion m'a nouée la gorge c'est au parfum qui s'échappait. Je ne cesse d'y revenir avec ravissement et toujours la même surprise teintée d'émotion m'étreint. C'est un parfum agreste de pamplemousse qui se révèle au premier abord.

Je rajeunis de presque vingt ans. J'étais toute jeune mariée et nous vivions en Egypte, au Caire. Nous n'étions pas parti en voyage de noces juste après notre mariage mais nous aurons eu au bout du compte deux ans de lune de miel. Les petits-déjeuners la bas c'est moi qui m'en occupait. Pour la simple raison qu'il aurait fallu m'attacher pour m'empêcher de faire mon premier tour de rue de la journée. J'aimais dresser la table sur celle de nos terrasses qui donnait sur le Nil et les pyramides puis m'envoler légère pour mon premier bain de foule.

Mon petit marchand du coin de pâté de maison m'attendait et me tendait le sachet qu'il m'avait préparé dès l'arrivée des maraîchers : les deux plus beaux pamplemousses. Ensuite je glanais dans l'arrivage de la journée mais les pamplemousses, eux, étaient un rituel immuable. Nous les savourions sur notre terrasse en faisant les projets de la journée que la vie folle du Caire viendrait immanquablement pertuber.

J'ai prélevé avec révérence deux cueillères de ce beau thé pour ma théière transparente. A peine l'eau versée c'est une sarabande folle. Le thé tournoie dans l'eau tandis qu'à la surface se forme comme une mousse de fleurs. Quelle beauté.

La liqueur devient très vite foncée, d'un bel ambre rouge que lui confère certainement les fleurs d'hibiscus.

Ces fleurs d'hibiscus c'est encore au Caire que je les découvris. Elles y sont une boisson nationale appelé Karkadé. Lorsque on m'en fit boire pour la première fois on me dit qu'elle était réputée prisée des français pour leur rappeler le vin chaud. Le fait est que cette simple fleurs a des accents d'épices et d'agrumes étonnants.

Dès les premières gorgées de thé c'est ces saveurs étrangement poivrées qui viennent flatter le palais. Saveurs qui ont aussi la rondeur du fruit et la délicatesse des fleurs.

Le karkadé c'est le soir que nous aimions le consommer. Sur notre seconde terrasse donnant elle sur l'étendue magnifique du Caire. Nous le buvions à petites gorgées en écoutant s'élever dans la nuit les appels à la prière qui émanaient de la ville aux mille mosquées.

Ce billet est dédié à mon amour. Celui qui partagea avec moi cette belle aventure, de nombreuses autres et celles à venir je l'espère.

coupelle blanche contenant un thé noir parsemé de pétales de fleurs

liqueur de thé recouverte d'une mousse de pétales de fleurs

 thé sombrant dans l'eau


Le Thé du Hammam

Ou comment la voie du thé s'ouvrit à Taïan Akita

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Le thé Diamant Noir

Toujours du vague à l'âme ce matin et toujours à la recherche du thé salvateur. A part qu'aujourd'hui je l'ai trouvé...

Un thé au chocolat, plus exactement aux fèves de cacao de la maison Vert-tiges. Je trouvais à priori le mélange audacieux mais je suis prête à toute les découvertes.

A l'ouverture du paquet le parfum n'est que douceur chocolatée. Déjà on se sent enveloppé dans de grandes écharpes de mohair, le froid recule, la part d'enfance pointe le bout de son nez.

C'est bien joli ce petit thé noir submergé d'éclats de fèves de cacao.

Dans l'eau il sombre vite au fond de la théière en laissant surnager les éclats.

J'abordais le breuvage tout de même avec la plus grande circonspection. Et là en bouche quelle surprise, quel festival. L'alliance parfaite du goût du thé réhaussé d'un parfum de cacao pur sans amertume.

Je ferme les yeux, je laisse la rondeur du cacao gommer les aspérités de la vie.

C'est effectivement une pierre précieuse que ce thé.

reflets de soleil dans le thé


Le thé Bonbon Marasquin

Il fait un froid mordant, de ceux qui vous glacent jusqu'aux os. J'ai beau m'envelopper dans l'un de mes grands châles rien n'y fait. Mes thés du matin ne m'ont pas réchauffé le coeur contrairement à leur habitude. Dans les films américains lorsque le blues envahit les héroïnes elles vont puiser le réconfort dans une crême glacée. Quelle étrange idée. Pour ma part vous vous en doutez c'est dans un nouveau thé que je cherche le salut. Aussi ai-je été au devant du réconfort d'un thé d'hiver.

Après moults hésitations, sachets pris puis abandonnés j'ai fini par me décider à ouvrir ce Bonbon Marasquin de la maison Vert-Tiges qui me narguait depuis un certain temps.

A l'ouverture du paquet, rien d'une révélation. Juste un très léger parfum de ce marasquin qui évoque pour moi les chocolats à la cerise contenant cette douce liqueur.

Mais je sais d'expérience qu'il faut se méfier de ces thés qui promettent beaucoup au nez puis n'offrent plus rien en bouche.

Misant sur celui-ci je me suis dit qu'il donnerait l'inverse.

Première joie devant la liqueur d'or qu'il révèle. Il semblait concentrer tous le soleil alentour.

Hélas au goût...un thé bien fade. Misons sur une infusion plus longue, sur l'adjonction d'un nuage de lait. Rien n'y fait. Me voilà fort déçue. Non, un nom ne suffit pas à faire un thé.

Ce billet est ma participation au Coïtus Impromptus de cette semaine : Petit déjeuner en déconfiture.


Les thés de la Saint Valentin

Je vous avais livrée ma sélection de Noël bien en retard. Cette fois-ci me voici à l'heure. Vous n'aurez aucun prétexte si vous n'arrivez pas à le dire avec du thé.

Tout d'abord il faut signaler que comme pour Noël certaines maisons vous livre des inédits ou des coffrets cadeau pour l'occasion.

Ainsi la maison Fauchon édite un Thé La Passion de Valentin (base de thés de Chine et du Sri-Lanka parfumé à la framboise, orange sanguine et rose). Ce thé se décline également sous forme d'un coffret gourmand où il est accompagné d'une boîte de chocolats et d'une confiture d'Amour.

Chez Mariage Frère, la star de l'occasion c'est le magnifique flacon précieux bleu orientaliste Fall in Love d'un thé relevé d'épices douces et parsemé de pétales de roses. Thé qui se décline également sous forme d' encens.
Mais il ne faut pas pour autant en négliger le reste de la carte. J'y ai sélectionné pour vous :

  • Saint Valentin, Mariage de grands parfums de bergamote et de mauve, que vous pouvez offrir en vrac ou en originale jarre.
  • Eros, un Mélange parfumé avec des fleurs d'hibiscus et parsemé de fleurs de mauve, qui se décline en thé en vrac, boîte métallique Mariage, mousselines, chocolats, sablés et gelée de thé.
  • Elixir d'amour, un mystérieux mélange aux fleurs.
  • Sérénade, Mélange royal aux fleurs. Très fleuri et sucré.
  • Et enfin, Wedding Impérial, thé d'Assam marié à la douceur des saveurs chocolatées et caramélisées, qui se décline en vrac, boîte métallique ou mousselines.

Au Palais des Thés, c'est le Thé des Amants (sur lequel j'avais commis un billet) qui est présenté en édition limitée dans un flacon au design audacieusement B.D. mais qui se décline aussi en vrac ou flacon classique du Palais des Thés.

Chez Betjeman and Barton :

  • C'est un duo qu'on vous propose, encore une fois en édition limitée. ...deux boîtes en framboise et turquoise. Pour elle, "Le Mien", un thé vert du Yunnan aux agrumes avec des écorces d'orange et des fleurs de pivoine. Pour lui, "Le Tien", un thé noir agrémenté d'arômes agrumes et épices avec aussi des écorces d'orange et fleurs de bleuet.
  • Le Thé des Amours, un thé de Chine agrémenté de fruits de la passion, de mangue, d'ananas et d'orange. Le tout parsemé de fleurs de jasmin, en vrac.
  • C'est une Belle Histoire. Thés de Chine et de Ceylan agrémentés de figue fraîche, bergamote, citron, lotus et Pitanga parsemés de bleuets. En vrac ou en magnifique boîte bleue.
  • Parlez Moi d'Amour, thé de Chine aux arômes de framboise et d'orange parfumé au jasmin et aux huiles essentielles d'Ylang-Ylang. En vrac ou boîte saumon.
  • Eden Rose, un thé délicatement parfumé par la rose du même nom. En vrac.
  • Jour de Fête.Thés de Chine et de Ceylan parfumés à la cannelle, poivre, vanille, orange, groseille et parsemés de fleurs d'hélianthe ainsi que de pétales de roses rouges . En vrac ou somptueuse boîte rouge-rose.

Enfin le cadeau idéal selon Taïan Akita : une mini théière en verre où voir s'éclore une fleur de thé Pont des Amoureux de chez Tous les Thés. C'est un thé blanc façonné à la main au coeur duquel se trouvent emprisonnées des fleurs de jasmin et de lys. Leur parfum en est presque imperceptible. Quelle splendeur émouvante de voir les fleurs de déplier lentement dans l'eau pour former un charmant arceau digne de Peynet.

En voici des photos réalisées lors du passage de Pralinette qui sembla fort priser la découverte.

fleur de thé éclose dans l'eau vue en coupe

fleur de thé éclose dans l'eau vue du dessus


Les thés de Noël

Ebb m'a demandée : Qu'est-ce qu'un thé de Noël ?

Les thés de Noël sont au thé ce que les chocolats de Noël sont au chocolat.

Chaque maison de thé se fait un devoir de créer son propre mélange festif qu'on ne trouve souvent qu'à cette période de l'année. Leur point commun réside dans les notes dominantes épicées et/ou sucrées.

Ma sélection pour cette année ? Justement, j'ai un peu déliré sur les thés de Noël. Et, en plus, ma meilleure amie m'en a apporté d'autres pour la Saint Sylvestre.

Par ordre de préfécence parce que vous ne les goûterez peut-être pas tous comme moi. Encore qu'un panier de thés de Noël soit un fort joli cadeau à mon sens.Il est d'ailleurs à noter que les grandes maison comme Mariage Frères en propose souvent des sélections cadeaux.

  • Esprit de Noël, Mariage Frères : thé noir, parfumé aux épices douces et agrémenté d'écorces d'orange et de morceaux de vanille bourbon. Mon préféré, que voulez-vous j'ai des goûts de luxe.
  • Noël Wulong, Cha Yuan : épices, fruits rouges et roses rouges. Un des plus joli thés que j'ai jamais vu. Note dominante de rose et sous-jacenthe de cannelle. Un délice qui ne quittera plus ma carte des thés. Je m'en fais une théière de verre tous les soirs.
  • Noël, Les Contes de Thé : thé noir, clous de girofle, orange, morceux de vanille et de cannelle. Présenté dans une énorme boule de Noël contenant le thé. Un délice de vanille et de cannelle. Impossible de se contenter d'une seule théière.
  • Thé du Père Noël, Le Père Pelletier, boutiques de décoration : thé de Ceylan Orange Pekoe, écorces d'agrumes, bâtons de cannelle, épices. Délicieuse boîte rétro. Un rafraîchissant mélange de citron et d'épices.
  • Thé de la Mère Noël, Le Père Pelletier, boutiques de décoration : thé de Ceylan Orange Pekoe, fruits de velours (pêche, abricot), vanille. Délicieuce boîte rétro également.Une douceur irrésistble, pour toutes saisons.
  • Christmas Tea, Thivoyon : thé noir, épices, poire confite, écorces d'orange et marasquin. Mon seul et unique thé de Noël depuis cinq ans. C'est vous dire ce qu'il en est des autres. Qu'il est bon, mais qu'il est bon.
  • Noël, Cha Yuan: thé noir, épices, orange et vanille. Note dominante de cannelle, un peu poivré, un délice
  • Festivithé, Tous les Thés :thé noir de Chine aux épices (gingembre, cannelle, vanille, marasquin, clous de girofle), agrémenté de fleurs, morceaux de fruits exotiques et écorces d'agrumes. Un goût de terre épicée, légèrement sucrée. Déroutant au premier abord puis s'apprécie de plus en plus au fil de la dégustation. Peut-être à réserver aux collectionneurs.
  • Thé des Fêtes, Vert-Tiges :Peu d'intérêt par rapport aux autres. Goût de Wu Long alors que ce n'en est pas un (?).

Bon, je prends les commandes...

Il est à noter qu'il existe par ailleurs des thés de Pâques. J'essaierai de vous en parler sans décalage horaire.


Le Thé des Fêtes

Il y a une expression qui court à cette période de l'année et que j'abhorre c'est : Les fêtes sont terminées. Peut-il y avoir expression plus déprimante. L'hiver n'ayant débuté que le vingt et un décembre il nous en reste une bonne dose. Personnellement, je ne vois pas bien comment tenir face à ces mois de froidure, de brouillard, sans faire la fête.

Mon sapin de Noël me fait un clin d'oeil. Je suis incorrigible, contrairement à Pralinette qui vient de défaire le sien, je ne peux chaque année me résoudre à si vite enterrer la symphonie en rouge qu'il apporte à mon intérieur. D'accord, l'an dernier j'ai exagéré en le faisant traîner jusqu'au moment de le transformer en arbre de Pâques. J'ai juré à mon aimé, que cela irrite un peu, que je ne recommencerai plus. Mais je vais bien essayer de le garder jusqu'aux vacances de février. Pour l'instant, personne ne dit mot. Ou alors pour se réjouir à la tombée du soir de voir clignoter doucement les petites lumières rouges de la guirlande. Etincelles de fêtes au soir venu.

La preuve que les fêtes ne sont pas du tout terminées ? J'ai reçu ce matin justement un petit retardataire dans mon genre : le Thé des Fêtes de la maison Vert-Tiges (ça ne s'invente pas). C'est une nouvelle maison de thé que je teste alors: grand saut dans l'inconnu.

A l'ouverture du paquet c'est un délicieux parfum de pannetone qui vous assaille. Le panettone pour moi ce sont les petits déjeuners tardifs ou les goûters d'hiver avec mes enfants. Les rondeurs de cette brioche-gâteau sont en elles-mêmes festives.

Me voici alléchée. Je m'empresse de verser du thé dans une coupelle pour que nous fassions plus ample connaissance. Et là...Stupéfaction...C'est un honnête petit thé noir avec écorces d'agrumes mais...parsemé de petites perles d'or. Il s'agit en fait de petites billes de sucre doré. Quelle belle idée. Dans ma coupelle c'est la fête. J'imagine les yeux pétillants de mes enfants quand je vais leur faire découvrir cela.

Bon, ce qui intéressait les enfants c'est de chiper les petits sucres d'or. Fêtes !

Si vous le buvez légèrement infusé vous aurez un thé très légèrement parfumé à la chaleureuse saveur de terreau. Si comme moi vous préférez les thés longuement infusés vous obtiendrez une liqueur pâtisserie.

coupelle blanche contenant du thé parsemé de perles de sucre dorées

Joyeuses fêtes de janvier !


Thé Bulgare

Comment faire une collection de thés, ne pas tout finir m'a demandé Ebb ? Facile lui ai-je répondu. Il suffit de réserver du thé dans les adorables petites boîtes de vingt-cinq grammes. Oui, mais des boîtes de vingt-cinq grammes je n'en ai qu'une dizaine...Or, j'ai été un peu débridée sur l'achat de thés en ce moment. Pensez donc, je suis en train d'arrêter de fumer et le prix d'un paquet de thé est celui d'un paquet de cigarettes. Je note scrupuleusement toute économie de tabac et la réinvestit en thés. J'entame deux collections les thés à la violette et ceux à la lavande. Et bien sûr j'ai collectionné les thés de Noël...Juste sept. J'ai été raisonnable. Alors, ces thés de Noël je voudrais en garder pour l'année prochaine. Les regoûter alors avec mes engouements à ce moment là.

Donc ce matin j'ai décidé de vider mes petites boîtes de thé. Certes, mais si j'avais conservés certains thés c'est qu'ils le méritaient.

Ma main a pianoté longtemps sur l'étagère en valses d'hésitation. En enfant gourmande je redécouvrais la magie de certains noms, de certaines senteurs. Mon choix c'est finalement arrêté sur le Thé Bulgare.

Un rêve de palais pris dans les glaces à la Docteur Jivago.

A l'ouverture de la boîte c'est un parfum de framboise qui domine.
Framboises.
Mon enfance à courir le jardin à la recherche des fruits charnus.
Framboises.
L'enfance de mes enfants, lorsqu'on va chez Bonne-Maman. Mon fils ne peut se résoudre à la notion de saison. Je crois que pour lui le jardin de sa grand-mère est, et restera à jamais, le jardin des framboises.

Dans la main c'est un petit thé noir parsemé ça et là d'écorces d'oranges.

Dans l'eau c'est un tournoiement un peu fou. Si rapide qu'on a à peine le temps de voir sombrer le thé.

Le liquide prend immédiatement un profonde teinte d'acajou.

Plus la liqueur infuse et plus elle révèle le parfum de la rose. En bouche, c'est une douceur de rose poivrée.

Sur mon coeur viennent
Les roses de Bulgarie
Couchées, endormies

Un thé pour Tatiana qui aime les roses, que celles-ci l'enveloppent de leur parfum d'amitié.


Thés en panier gourmand

paquets de thé et fleurs de thé sur un lit de paier de soie mauve dans un petit panier

Ils arrivent par la poste dans leurs petits cartons qui me font toujours pousser un cri de joie. Puis, je les ajence ainsi dans des petits paniers.

Thé d'accompagnement : Naïvethé (thé vert Sencha,fruits de la passion, pêches de vigne et fraises des bois), un thé magnifique.


Voyage dans une tasse

J'étais hésitante sur le choix d'un thé. Il n'y en avait pas un s'imposant immédiatement.Vu l'heure déjà avancée et la quantité de thé déjà consommée plutôt un Wu Long. Je trifouille dans mes étagères. Tiens, deux paquet du même thé. Pourtant ni la composition (mangue, maracuya et goyave) ni le parfum ne m'enthousiasment. Mais enfin, si j'ai deux paquets de ce thé c'est qu'il doit bien y avoir une raison. Qu'il soit délicieux par exemple. Allez, un Tropical Wu Long.

Puisqu'on en est au pied de nez à l'hiver, j'attrape ma théière Denby Marrakesh.

Le soir tombe doucement. Lentement, insidieusement le brouillard est remonté des prés pour envelopper la maison qu'il va bientôt engloutir sous sa chappe de ouate glacée. Et moi ? Les mains tendrement serrées sur ma tasse je bois Le Caire à petites gorgées.