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Taian Akita

You drink your coffee and I sip my tea. I spill my tea, oh silly me!

Petites nouvelles entre amis

Une longue chute dont je ne croyais jamais voir le bout. J'ai passé des journées entières à pleurer et d'autres à rassembler un peu d'énergie pour faire une chose. J'ai essayé de m'accrocher aux petits bonheurs de la vie : mon chaton, une tourterelle qui fait son nid dans mon jardin, un air de jazz, le parfum du chèvrefeuille...

Je ne suis plus au fond du ravin mais encore très fragile. Il suffit d'une parole pour que pointe le cortège de larmes. Je dors énormément d'abord parce que je suis très fatiguée et ensuite parce que là la douleur s'estompe. J'avais perdu le goût de la lecture et même du thé, rendez-vous compte. Depuis quelques jours ils me sont revenus et accrochée à mon livre en cours comme un fragile esquif je privilégie le hamac à tout autre lieu.

Vos petits mots ont été comme des mains tendues dans l'obscurité.


Vertiges

Ca peut venir n'importe quand. On se croit fort, serein dans sa tête et dans son corps, et puis voilà. Un vertige, un malaise sourd, et tout de suite on sent que ça ne passera pas comme ça. Tout devient difficile. Faire la queue chez le boulanger, attendre au guichet de la Poste, échanger quelques phrases debout sur le trottoir. Des moments creux, sans enjeu apparent, mais qui deviennent des montagnes. On se sent vaciller, on croit mourrir et c'est idiot.

Philippe Delerm, Le Portique

Je me suis dit je vais l'écrire, le mettre en mots bien tangibles, cela m'aidera. Et puis, je me retrouve là devant l'écran, les tempes enserrées dans un étau, le souffle coupé, la tête qui tourne...

Mon thé a un goût amer mais je le bois accrochée à ma tasse comme à un fragile esquif.

Moi non plus je ne sais pas comment c'est venu. Cela allait plutôt bien ces derniers temps. J'avais retrouvé de l'énergie, j'étais combattive face aux tempêtes que la vie nous distille en ce moment sans retenue. Mercredi j'étais allée chez mon médecin qui était tout content : vous allez bien, on a trouvé le bon dosage de médicaments. Le bon dosage en question c'est le maximun que puisse gérer mon organisme avant des dommages aux reins et à la thyroïde mais hauts les coeurs. J'ai aquiescé, pourtant ce dégoût qui m'avait pris en faisant les boutiques aurait dû m'alerter. Mais c'est usant d'être toujours sur le qui-vive. J'ai mis mon manque d'allant sur le compte d'un lundi et d'un mardi particulièrement éprouvants. Une bonne nuit et il n'y paraîtrait plus...

C'est le jeudi à onze heures, j'ai regardé la pendule, que tout a craqué. J'étais tranquilement en train de plier du linge et j'ai senti qu'il fallait que je m'arrête, là tout de suite, sinon j'allais tomber. Depuis je ne cesse de me sentir tomber.


Mille femmes blanches

couverture de livre réprésentant trois indiens en costumes de fête

De Jim Fergus

Quatrième de couverture :
En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à mille de ses guerriers afin de favoriser l'intégration. Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d'une de ces femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l'Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques. C'est à la fois un magnifique portrait de femme qu'il nous offre ainsi, un chant d'amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement américain d'alors. Cette épopée fabuleusement romanesque, qui s'inscrit dans la grande tradition de la saga de l'Ouest américain, a été un événement lors de sa publication aux Etats-Unis. Elle a été encensée par les plus grands écrivains américains, dont Jim Harrison qui a salué "ce roman splendide, puissant, et exaltant". Les droits de ce livre ont été achetés par Hollywood.

Un an d'épopée, on en aurait voulu toujours plus mais ce ne fut pas le destin de May Dodd. Il est passionnant d'assister à l'évolution des idées de cette femme. Ses carnets savent nous rendre tout attachant : ses compagnes aux caractères bien trempé, la vie dans la grande prairie, les coutumes indiennes. Je n'en dévoilerais pas plus, vous laissant le plaisir de faire un jour le cheminement.

J'ai dévoré chaque soir page après page les lettres et journaux intimes. Vraiment un superbe livre.


J'ai descendu dans mon jardin

sept bougies jaunes avec des légumes : radis, carottes, chou...

cinq bougies blanches avec des motifs de jardin

J'ai adoré faire ces séries là, surtout les légumes. J'ai un coup de coeur pour les radis.