Une première rencontre c'est un moment marquant. On ne peut s'empêcher d'imaginer, de se faire des petits scénarios. Moi en tous cas...

Donc, il advint qu'en ce joli 13 juillet on attendait les invités comme les avaient surnommés les enfants. C'est-à-dire : Jean-Pierre et son fils Benjamin.

Les enfants trépignaient depuis le matin et il était très dur de leur faire comprendre que sept heures, non, ce n'était pas encore.

Il faut dire qu'ils étaient très intrigués par la situation, le personnage mythique...l'ami de maman qu'elle n'avait jamais vu.

Quelques jours avant...Coup de fil :

-Comment vas-tu ? (le sincère pas le faux de politesse).
-Pas bien.
-Oh...Alors, ce n'est peut-être pas le bon moment pour venir.
-Si ! Au contraire !

J'étais prisonnière d'une spirale de stress. Mes dernières copies de l'année envoyées le 4 Juillet, j'avais tout à trac basculé dans la préparation de ma rentrée à venir le 27 août. Je reviendrai une autre fois sur ce doux délire. Toujours est-il que l'esprit des vacances me filait inexorablement entre les doigts. Je sentais bien que je flinguais mes vacances toute seule comme une grande mais rien n'y faisait.

Je comptais donc sur Jean-Pierre pour être l'iniateur, le messager de cet esprit de vacances perdu.

Ils devaient arriver vers dix-neuf heures...

Dans mes scénarios, je les accueillais au portail, le sourire aux lèvres et les bras grands ouverts. Nous nous tombions dans les bras justement. après tant de mois de mails et surtout de conversations téléphoniques...

Dix-neuf heures. Personne. Il est difficile de prévoir une heure exacte sur une longue route. Coup de téléphone...Ils sont perdus...Près d'Orléans...

Il faut expliquer aux enfants que les invités n'arriveront pas tout de suite, qu'il est plus raisonnable de manger avant de les attendre. Oui, c'est promis, ils n'iront pas au lit avant leur arrivée (après non plus d'ailleurs).

Il me faut réviser mes scénarios d'apéritif au soleil couchant.

Je passe sur les nombreux coups de fils pour savoir où ils en sont de leur errance sur les routes du 13 juillet.

De guerre lasse, je rentre dans la maison et vaque mollement à quelques occupations. Un chien me déboule dans les jambes. Jusque là, rien que de très normal. Mais, j'entends ma moitié qui s'écrie interloqué : Mais, ce n'est pas à moi ça ! Second coup d'oeil sur le chien. La robe coïncide mais pour le reste l'animal n'est pas des notres effectivement. Par contre il, ou plutôt elle, se conduit comme si elle avait toujours vécu dans la maison.

C'est Vicky!

Je lui tombe dessus pour un méga câlin.

Et les invités au fait ?

Il est vingt-deux heures, Jean-Pierre et Benjamin émergent de la nuit épuisés mais morts de rire et...on se tombe dans les bras.

Vicky a donné le ton. Il n'y a aucune gêne, c'est comme s'ils avaient toujours été là.

Sauf qu'ils ont effectivement apporté avec eux l'esprit des vacances.

Imperceptiblement tout a changé. J'ai le coeur léger et joyeux comme le rosé que nous partageons en enfants du midi. Nous ne cessons, comme d'habitude, de nous exclamer :Toi aussi !. Mon ours ne se sent pas exclu et se lance desns de grandes conversations avec Jean-Pierre sous mon regard amusé et ému.

Après...

Il y a plein d'après...

Chacun se découvre une passion particulière dans le menu du soir (eh oui, j'ai réussi à cuisiner). Benjamin pour ma tarte à la tomate et Jean-Pierre pour mon gratin de nectarines.

Vicky et Arthur s'entendent comme larrons en foire.

Tout le monde se couche tard et pourtant nous nous réveillerons tous à sept heures le lendemain pour profiter au maximun du temps à passer ensemble. Montrer à Jean-Pierre mon bureau, ma ballade préférée à vélo. Se promener avec les chiens en bords de Loire. Etre dans le petit jardin pour un moment de guitare et s'apercevoir médusés que déjà Jean-Ferrat nous a associés... Chahuter dans la piscine avec les enfants pendant que Jean-Pierre s'adonne à une sieste réparatrice avant de reprendre la route...

Déjà ! Les bons moments passent toujours trop vite.

Mais nous avons plein de projets : aller ensemble à Paris Blogue-t-il ?,organiser une rencontre de blogueurs. Des beaux week-ends en perspective.

Chacun finalement reprend sa route des vacances.

Merci mon ami d'avoir déposer sur votre passage tous les flonflons qu'on puisse souhaiter sur un 14 juillet.

guitariste, enfant et labrador dans un jardin