contenu | menu |
 :

Taian Akita

You drink your coffee and I sip my tea. I spill my tea, oh silly me!

Le petit cheval

Le petit cheval dans le mauvais temps
Qu'il avait donc du courage
C'était un petit cheval blanc
Tous derrière et lui devant

Il n'y avait jamais de beau temps
Dans ce pauvre paysage
Il n'y avait jamais de printemps
Ni derrière ni devant

Mais toujours il était content
Menant les gars du village
A travers la pluie noire des champs
Tous derrière et lui devant

Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvage
C'est alors qu'il était content
Tous derrière et lui devant

Mais un jour, dans le mauvais temps
Un jour qu'il était si sage
Il est mort par un éclair blanc
Tous derrière et lui devant

Il est mort sans voir le beau temps
Qu'il avait donc du courage
Il est mort sans voir le printemps
Ni derrière ni devant

Georges Brassens

A la mémoire de mon bel Eclair qui fut très exactement ce vaillant petit cheval.


Blog en deuil

Je suis sonnée, hagarde, je n'arrive même pas à pleurer. Je reste juste assise sur une chaise à fumer cigarette sur cigarette, à boire thé sur thé, en me répétant : C'est un cauchemar, je vais me réveiller.

Le matin ce que j'aime, au lever, c'est aller faire un petit tour de jardin et dire bonjour à mes animaux.

Ce matin c'est ce que j'ai fait, le coeur en fête de la douceur du jour et aussi parce qu'hier on avait changé les chevaux de pré et que j'escomptais les trouver tout sémillants dans l'herbe fraîche.

Bonjour Liriel ! Bonjour Nounours ! Mais du troisième, le mien, le bel Eclair point de trace. Mon coeur a commencé à battre la chamade. Puis je l'ai trouvé, au milieu des hautes herbes, seules ses pattes qui battaient l'air étaient visibles. J'ai compris qu'il était tombé, mal en point. Depuis plusieurs jours nous étions inquiets car l'hiver avait été dur pour lui qui était un cheval âgé, il avait beaucoup maigri. Mais même à cet instant j'ai refusé d'envisager le pire. Ce n'était rien. On allait le relever et bien le nourrir. Juste une faiblesse passagère.

J'ai courru chercher mon mari. Vite Eclair est tombé, il faut qu'on le relève. Il n'a pas voulu que je m'en occupe. Il avait compris avant moi. Ou plutôt il avait admis ce que mon esprit se refusait à envisager. Car malgré cordes et treuils, il fut impossible de le relever.

Mon amoureux est revenu, doublement triste, pour Eclair et pour moi. Il fallait appeler le vétérinaire pour le faire piquer. Misérablement enlisé dans l'argile, dans un coin de pré, dans un coin de haie. Je n'ai même pas la consolation de pouvoir me dire qu'il est mort sans souffrances. C'était pitoyable et pathéthique. Lorsque le vétérinaire est venu, il a fallu cinq piqures pour que s'éteigne sa belle étincelle de vie. Trois dans la veine et deux directement dans le coeur. Plus assez vaillant pour vivre mais le coeur trop vaillant pour mourir.

Il reste encore le pire à venir. Le sortir de son encastrement dans la haie avec l'aide d'un ami agriculteur et son tracteur. Un de ses amis fidèles qui répondent toujours présents quand l'adversité s'acharne.

Puis il y aura le plus terrible. Attendre avec le corps au portail que viennent l'équarissage. Je l'ai déjà vécu. C'est horrible. Mais je préfère encore voir plutôt que de peupler mes cauchemars de chimères.

On m'objectera que ce n'est qu'un animal mais on parle d'un couple cheval-cavalier. C'est une chose rare à obtenir et j'avais la chance de l'avoir trouvée. J'ai eu d'autres chevaux. Peut-être en aurais-je d'autres. Mais je sais que celui-ci restera l'Unique.

J'aurai l'envie, le besoin, de vous raconter la belle histoire dans les jours qui viennent. Pour l'instant je n'y arrive pas. Une seule chose est sûre : comme je regrettais de pas l'avoir attelé ces dernières années, lui qui amait tant ça, mon mari m'a rétorqué : N'ai pas de regrets. Tu ne peux pas savoir ce qui se serait passé, là tu n'as que des beaux souvenirs.

Tout me paraît incongru. Il fait un temps de rêve, comme on l'attendait depuis des semaines. Je regarde l'herbe haute et magnifique, gorgée de vie, et je ne peux imaginer qu'elle n'est pas pour qu'il la broute.

Pas encore Eclair, c'est trop tôt pour me laisser toute seule sans toi.


Miniature olfactive : la mienne

  • Votre première émotion parfum ?

Lorsque j'étais enfant, mon grand-père se levait toujours très tôt et en homme du nord préparait des litres de café. C'est ces senteurs qui accompagnait chaqu'un de mes réveils et je ne peux passer devant une brûlerie sans me retrouver toute petite fille.

  • Avez-vous un parfum pour séduire ?

Une eau de toilette à la fleur d'oranger. Outre mon amoureux d'autres hommes m'ont dit la trouver irrésistible.

  • Un parfum d'homme (ou de femme) qui vous envoûte ?

Un parfum de femme : Jardin de Bagatelle de Guerlain.
Un parfum d'homme : Lacoste, probablement parce que c'était celui de mon amoureux quand je l'ai rencontré.

  • Votre odeur de fleur préférée ?

Impossible de n'en choisir qu'une seule. Le parfum des roses m'émeut quelquefois jusqu'aux larmes. Celui du chèvrefeuille berce les rêveries des soirs d'été. L'aubépine c'est le vrai signe du printemps. J'adore plonger mon nez dans une fleur en fait.

  • Votre pire souvenir olfactif ?

Les souks à viande du Caire, âmes sensibles s'abstenir.

  • Quelle odeur vous apaise ?

La verveine.

  • Quelle senteur vous bouleverse ?

La fleur d'oranger car il y en avait dans toutes les pâtisseries et sucreries de mon enfance provençale.

  • Avez-vous déjà eu un coup de coeur olfactif ?

Oui, pour Jardin de Bagatelle de Guerlain. J'ai couru dans la rue après une femme pour savoir quel parfum elle portait. C'est devenu mon parfum jusqu'à ce que...je rencontre mon mari à qui il donne d'horribles migraines.

  • Quelle odeur vous chatouille agréablement les narines le matin ?

La bergamote de mon Earl Grey. Je commence toujours ma journée avec un Earl Grey.

  • Une odeur qui vous rappelle les vacances ?

L'iode. Pour moi les vacances c'est la mer.

  • Un parfum qui vous parle d'enfance ?

Le café, la fleur d'oranger (voir plus haut) et le Papier d'Arménie que mon grand-père faisait brûler dans la maison.

  • Avez-vous un rituel parfum insolite ?

Oui, à la maison cela s'appelle le rituel sent bon. Une fois mes enfants couchés, je vais déposer quelques gouttes d'huiles essentielles sur leur oreiller. Elles varient avec les saisons et les souhaits : orange pour bien dormir, lavande assainissante, eucalyptus pour les rhumes. Pour moi, c'est généralement verveine. J'adore me reveiller les cheveux empreints de ses effluves. Mes petits attendent avec impatience leur sent bon du soir. J'espère que cela leur fabrique de beaux souvenirs.


Une Journée Mondiale du livre... au Caire

C'est mon plus joli souvenir de cette belle occasion de fêter les livres qui revient un fois l'an.

Hors donc, nous nous trouvions au Caire et un ami nous entraîna dans la folle équipée du Salon du Livre qui se tient chaque année à cette occasion.

Taxis surbondés (les uns sur les genoux des autres), chaleur suffocante à cette date de l'année, trajet interminable car vu l'ampleur pharaonique du phénomène il nécessite un emplacement dans les lointains faubourgs du Caire.

Enfin, on arrive et comme toujours tous les petits désagréments sont oubliés devant la beauté du spectacle qui nous attend...

Une multitude de tentes colorées, chacune dédiée à un pays.

L'édition en Egypte n'est pas de très bonne qualité car la politique veut qu'elle pratique des prix la rendant accessible au plus grand nombre. Ainsi vous pourrez trouver plusieurs éditions du même livre, la qualité étant en rapport avec le montant que vous pouvez lui consacrer.

Pour nous autres, étudiants, qui n'avions qu'un tout petit bubget à consacrer aux livres en France quelle manne. Et puis, tous ces pavillons pour faire le tour du monde en livres. La tête nous en tournait. Nous allions fébriles d'une tente à l'autre.

Lorsqu'une idée émergea. Si nous ne voulions pas continuer à nous y perdre totalement, il fallait un fil directeur.

Cela vint tout naturellement. Bien sûr il y avait des achats à faire de livres de théologie pour nos recherches mais ce qui nous avait fascinés tous les deux c'était les contes traditionnels des différents pays dans leurs éditions d'origines. Nous pensions aux enfants que nous souhaitions avoir un jour...

Commença une course aux trésors de pavillon en pavillon. Nous en ressortions essouflés, ployant sous le poids de nos richesses accumulées...

Lorsque nous rentrâmes en France, il ne fut pas question de laisser ce trésor derrière nous. Ce fut une des priorités dans les bagages.

Mais d'enfants il n'était pas alors question. Pour attendre leur heure les beaux livres de contes furent remisés dans un grenier dans une malle en fer bien hermétique.

Et...nous les y avons oubliés. Ils sont là haut sagement au-dessus de nos têtes. Mais où ? C'est aujourd'hui en voulant fêter cette journée sur mon blog que leur souvenir m'est revenu.

Il y aura dans les jours qui viennent une grande opération d'exploration du grenier...

Merci Isabelle !


Autour du mot livre

Une centaine de citations autour du mot livre sur Citations du Monde...Mon florilège :

Les livres n'ont jamais sauvé personne.
Pablo de Santis

La fonction essentielle d'une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait pas l'existence et qui s'avèrent d'une importance capitale pour lui.
Umberto Eco

C'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres que pour l'auteur ils pourraient s'appeler "Conclusions" et pour le lecteur "Incitations".
Marcel Proust

Un livre est un hôpital pour l'esprit.
Anonyme

Le nom d'un écrivain, le titre d'un livre, peuvent parfois, et pour certains, retentir comme celui d'une patrie.
Leonardo Sciascia

Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.
Jules Renard

"Lire un bon livre,
Ca redonne envie de vivre,
Ca vous donne envie de partir,
A la recherche du temps perdu."
Pierre Perret

Billet participant à l'action initiée par Isabelle Hontebeyrie.


Des théières pour la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur

théière figurative représentant une pile de livres surmontés d'une tasse et d'une lampe

théière figurative représentant "Le thé chez les fous" dans Alice au pays des merveilles

Billet participant à l'action initiée par Isabelle Hontebeyrie.


Journée mondiale du livre et du droit d'auteur - Petit questionnaire Isabelle Hontebeyrie

Merci à Miss-information.net sans qui je loupais l'info. Je me prête donc volontiers au jeu :

1) Quel est le dernier livre que vous avez lu ? Qu'en avez-vous pensé?
Avant la tourmente d'Anne Perry. Décevant par rapport à ses autres séries, je n'accroche pas avec les personnages principaux. Par contre, toujours aussi édifiant au point de vue historique.

2) Quel ouvrage vous a le plus marqué jusqu'à présent ?
César l'Eclaireur de Bernard Montaud. Comme je l'ai déjà dit : si je ne devais emporter qu'un seul livre sur une île déserte ce serait celui-là.

3) Si vous étiez un écrivain célèbre, vous seriez...
Shakespeare

4) Votre mot préféré?
Sérénité

5) Si je vous dit "livre" vous répondez (en un seul mot)...
Précieux


Miniatures : principe

Une petite mise au point semble nécessaire devant quelques erreurs communément rencontrées dans vos participations aux miniatures.

Le terme de miniatures est juste un joli petit nom qui leur a été donné par leur papa, Lithium. Il n'induit pas, comme son nom le donne à penser à certains, que vos participations doivent être très courtes ou se limiter à un commentaire.

En fait, il s'agit simplement d'un sujet proposé généralement le vendredi. Vos participations, qu'on souhaite plutôt sous forme d'un billet chez vous sont simplement à signaler dans les commentaires de la miniature en question pour que tout le monde puisse en profiter puisque l'idée qui préside est l'échange.

Par ailleurs, aucun sujet n'est clos le vendredi suivant. Toute miniature court toujours et si c'est un sujet vieux d'un an qui vous inspire : A votre bon coeur.


La théière du jour

théière figurative représentant une boutique de fleuriste


Miniature olfactive

Pompée sans vergone sur Cosmopolitan, je l'avoue, avec juste quelques rajouts de mon cru.

  • Votre première émotion parfum ?
  • Avez-vous un parfum pour séduire ?
  • Un parfum d'homme (ou de femme) qui vous envoûte ?
  • Votre odeur de fleur préférée ?
  • Votre pire souvenir olfactif ?
  • Quelle odeur vous apaise ?
  • Quelle senteur vous bouleverse ?
  • Avez-vous déjà eu un coup de coeur olfactif ?
  • Quelle odeur vous chatouille agréablement les narines le matin ?
  • Une odeur qui vous rappelle les vacances ?
  • Un parfum qui vous parle d'enfance ?
  • Avez-vous un rituel parfum insolite ?

La théière du jour

théière figurative représentant le personnage de Walt Disney : Cruella d'Enfer

En combat contre mes démons.


Symphonie en roux et noir

chatte écaille de tortue à dominantes rousses et noires, couchée dans une brouette en bois

Quel peintre mutin s'est amusé à costumer ainsi notre Chenille ?

Une chose est sûre, si un jour je me relançais dans l'élevage félin c'est vers une race comportant de ces étonnantes Ecailles de Tortues que je me tournerais.


Les chats

Les gens qui aiment les chats évitent les rapports de force. Ils répugnent à donner des ordres et craignent ceux qui élèvent la voix, qui osent faire des scandales. Ils rêvent d'un monde tranquille et doux où tous vivraient harmonieusement ensemble. Ils voudraient être ce qu'ils sont sans que personne ne leur reproche rien.

Les gens qui aiment les chats sont habiles à fuir les conflits et se défendent fort mal quand on les agresse. Ils préfèrent se taire, quitte à paraître lâches. Ils ont tendance au repli sur soi, à la dévotion. Ils sont fidèles à des rêves d'enfants qu'ils n'osent dire à personne. Ils n'ont pas du tout peur du silence. Ils ne s'arrangent pas trop mal avec le temps qui passe, leur songe intérieur estompe les repères, arrondit les angles des années.

Les gens qui aiment les chats adorent cette indépendance qu'ils ont, car cela garantit leur propre liberté. Ils ne supportent pas les entraves ni pour eux-mêmes ni pour les autres.Ils ont cet orgueil de vouloir être choisis chaque jour par ceux qui les aiment et qui pourraient partir librement, sans porte fermée, sans laisse, sans marchandage. Et rêvent bien sur que l'amour aille de soi, sans effort, et qu'on ne les quitte jamais. Ils ne veulent pas obtenir les choses par force et voudraient que tout soit donné.

Les gens qui aiment les chats, avec infiniment de respect et de tendresse, auraient envie d'être aimés de la même manière - qu'on les trouve beaux et doux, toujours, qu'on les caresse souvent, qu'on les prenne tels qu'ils sont, avec leur paresse, leur égoïsme, et que leur présence soit un cadeau.
Dans le doute de pouvoir obtenir pour eux-mêmes un tel amour, ils le donnent aux chats. Ainsi cela existe. Ca console.
Les gens qui aiment les chats font une confiance parfois excessive à l'intuition. L'instinct prime la réflexion. Ils sont portés vers l'irrationnel, les sciences occultes. Ils mettent au-dessus de tout l'individu et ses dons personnels et sont assez peu enclins à la politique. Les tendances générales, les grands courants, les mouvements d'opinion, les embrasements de foule les laissent aussi circonspects que leur animal devant un plat douteux. Et si leur conviction les pousse à s'engager, une part d'eux-mêmes reste toujours observatrice, prête au repli dans son territoire intime et idéaliste, toujours à la frange, comme leurs compagnons, d'un pacte avec la société et d'un retour vers une vie sauvage dans l'imaginaire.
Les gens qui aiment les chats sont souvent frileux. Ils ont un grand besoin d'être consolés. De tout. Ils font semblants d'être adultes et gardent secrètement une envie de ne pas grandir. Ils préservent jalousement leur enfance et s'y réfugient en secret derrière leurs paupières mi-closes, un chat sur les genoux.
-A quoi penses-tu ?
-A rien...
-Tu ne dis rien. Tu es triste ?
-Oh, non !
-Tu es fatigué ?
-Non, je rêve, c'est tout.
Enfin, j'ai cru remarquer que les gens qui aiment les chats étaient souvent ainsi...
J'aime les chats.

Anny Duperey, Les chats de hasard.

deux chats dans une bassine de cuivre

Isope et Miss Tea, deux de mes onze compagnons de route.


Attaque de panique

Un des symptôme de ma dépression ce sont les attaques de panique.

Qu'est-ce ? Je vous laisse la panoplie des définitions cliniques pour vous parler de ce que je vis, moi, presque au quotidien.

Cela débute toujours de la même façon. Quelques hauts le coeur innocents et que j'essaie d'attribuer à ce que j'ai bu ou mangé, à la fatigue. Tant je voudrais nier les signes précurseurs.

Après, tout va très vite. Essouflement, sensation de gorge qui enfle au point où on craint la mort par asphyxie. Les médecins m'ont appris à boire pour me persuader que ma gorge n'est pas obstruée.

Les remèdes souverains sont des exercices de respiration ou la respiration dans un sac (et oui, comme dans les films). Dans mon cas, pas de chance, ils ne fonctionnent absolument pas.

Malgré tout la respiration se fait mal et entraîne d'autres malaises : tête qui tourne, troubles de la vision et autres déficiences organiques.

La crise principale passée, il demeure la peur de ce qui vient d'arriver, de ce qui se reproduira. La peur que cela arrive devant d'autres que des très proches (et même), dans un lieu public, avant que l'on ai le temps de se cacher.

La peur et la honte. La honte de ne rien pouvoir maîtriser, de ne pouvoir prendre sur soi.

En ce qui concerne les médicaments, je dois avoir fait depuis quatre ans un sacré tour de la pharmacopée. Il y a toujours l'espoir d'un traitement qui marche...pendant quelques jours ou quelques semaines et puis...Vient aussi s'ajouter la honte d'être dépendante de médicaments.

Puis, s'abat la fatigue. Une immense fatigue accompagnée de crises d'hypothermie. Multiples vêtements, bouillotes et au lit pour quelques heures d'un sommeil de brute. Pas facile de gérer une journée dans ces conditions.

Est-ce qu'elles se déclenchent n'importe comment, sans raison ? Non, il y a des situations précises. Des situations qui deviennent des phobies. Après tout, il suffirait de les éviter.

Dans mon cas elles ont évolué avec les années.

Au tout début, je fis une fixation sur mes chevaux. Je ne pouvais plus les approcher, ni même les voir. J'avais même l'impression qu'ils allaient venir m'attaquer dans la maison.

Après, il y eu la très classique incapacité à franchir de seuil de ma porte.

Puis, bien sûr, la peur des gens...Du regard d'autrui. Celle-là, m'accompagne encore par moment et m'empêche par exemple d'aller chercher mes enfants à l'école.

Depuis quelques temps, j'inaugure une nouvelle phobie.

Cela a commencé par les repas que je n'arrivais plus à préparer puis cela s'est étendu tout doucement aux papiers à remplir, à toutes les tâches ménagères, (récemment au dernier bastion qui était m'occuper du linge), voire par période à ma propre toilette.

Essayez de prendre une douche en vous étouffant littéralement, en vous effondrant prostré au fond de la douche. En sachant que c'est pour ensuite se mettre au lit.

Imaginez l'état de ma maison et l'isolement qui s'ensuit. Car, bien sûr, il devient inenvisageable d'inviter qui que ce soit. J'ai des amis qui sont à la limite de se fâcher que je ne les invite pas et à qui je n'arrive pas à faire comprendre l'étendu du problème.

Je n'ai pas les moyens financiers de me payer une femme de ménage et si je les avais j'aurai trop honte de ma déchéance.

Concrètement comment est-ce que cela se passe ? L'autre matin, Napoléon, le chien de ma fille avait fait pipi dans le couloir. Rien de bien dramatique, il suffit de prendre une éponge et de l'eau de Javel. Une fois, deux fois, trois fois j'ai essayé de le faire. Pour finir cloîtée dans mon bureau avec mon attaque de panique et une fois celle-ci calmée la seule solution de dire à mon mari : Napoléon a fait pipi dans le couloir, est-ce que tu peux t'en occuper ? et sur ce d'aller me coucher.

Il a fallu faire des choix cruels. Moi qui n'aime rien tant que de vivre entourée de mes chats, devant mon incapacité à gérer les litières, il a fallu me résoudre à les mettre dehors à une seule exception près. Et même Pilou me pose des problèmes.

Ensuite est venu le tour des oiseaux, qu'il a fallu se résoudre à mettre en volière extérieure. Pour retrouver nos colombes élevées à la main et totalement apprivoisées toutes saignées un beau matin par une fouine.

On m'a reproché récemment mon manque d'honnêteté dans mon blog. Je viens peut-être de perdre à nouveau une centaine de lecteurs mais si vous continuez à venir me lire ou nouez des liens avec moi ce sera en connaissance de cause. Je ne vous ferais pas de ces petits plats qui faisaient ma fierté, curry de porc ou tartes salées. Et ce sera en ravalant mes larmes.


Miniature coup de coeur

C'est Jean-Pierre qui m'a soufflé le sujet de la miniature de cette semaine :

Je vous ai longuement parlé de ma maison. Et vous ? Vous est-il arrivé d'avoir un coup de coeur pour un lieu (pas forcément une maison) ? De ressentir cette impression d'être arrivé au bout du chemin ? D'être en harmonie ?

chemin de campagne vu à travers une grille


La théière du jour

théière figurative en forme de maison rose à toit jaune avec des plantes grimpantes sur les côtés

Une toute petite théière de ma collection personnelle et dont j'affectionne tout particulièrement l'histoire.

Elle m'a été offerte par les deux filles d'une amie, au terme d'une soirée de haute lutte contre un jeu idiot dans une foire. Elles avaient repéré la théière sur une étagère et rien ne pouvait les faire démordre de leur rage à la gagner. Je crois qu'au bout du compte elle a coûté fort cher, subventionnée par moi, leur mère puis leur argent de poche. Mais, voilà, c'est la théière des filles.


La maison

Je l'avais promis à Allie, qui désespère de trouver l'élue de son coeur, voici donc que je vais vous conter l'histoire d'une rencontre ; nous et notre maison.

L'histoire débute dans la froidure de février il y a quelques années de cela. Nous occupions à titre provisoire une minuscule maison de famille dans le Morvan et songions à nous installer dans un chez nous bien à nous et plus grand. L'arrivée imminente d'enfants, des histoires de famille précipitèrent brusquement les choses.

Nous ne nous imaginions pas dans une maison neuve. Donc, pas question de construire (sauf en bois ce qui fut envisagé) ou d'acheter une maison neuve. C'est dans de l'ancien que depuis toujours nous projetions nos rêves d'une maison à la campagne.

Venaient se greffer quelques impératifs. Nous avions entre temps fait l'acquisition de chevaux, ce qui entraînait la nécessité d'hectares de pâture suffisants et d'un point d'eau car ce sont des animaux qui boivent énormément.

Et bien sûr, après négociations d'un prêt bancaire, nous ne disposions que d'un budget assez limité.

Mais pleins de l'ardeur du néophyte, nous nous lançâmes un beau matin dans l'Aventure Agences Immobilières. Mon frère, architecte, nous ayant déconseillé de traiter avec des particuliers vu notre totale inexpérience en la matière.

Premier rendez-vous, on ne peux plus alléchant, à l'autre bout du département. Nous prenons la route le coeur joyeux pour arriver et visiter...une ruine dans un état indescriptible. La seule solution envisageable était de la raser pour reconstruire à la place.

Déconfiture totale et vague d'inquiétude. Et si dans nos prix on n'allait nous proposer que ce genre de ruines ?

Mais, hauts les coeurs et à mon téléphone, prospection à tout crin.

Chaque jour de congé et quelquefois les soirées furent consacrées à manger des kilomètres pour aller faire des visites.

Certaines étaient aussi décourageantes que la première. D'autres, bien que ne nous convenants pas, nous donnaient des idées d'aménagements futurs.

Février et mars se passèrent ainsi de bicoques en masures. Pour deux d'entre elles nous fûmes près de conclure et la vente capota au dernier moment. Il faut croire qu'il y a une destinée.

La situation était de plus en plus à l'urgence. Coup de fil d'une agence. Xième description idylique. Hop ! En voiture, pour visiter...la première ruine par laquelle nous avions commencé.

Là, j'en ressors en larmes et dans une colère noire contre les agents immobiliers en général.

Sur le coup de cette colère, nous fonçons chez le premier marchand de journaux venu et achetons : De Particulier à Particulier.

Hélas, aucune annonce qui corresponde à notre recherche.

La seule dans nos prix se situait à seulement une trentaine de kilomètres mais la description ne concordait pas du tout avec nos impératifs et la région non plus.

Vint un dimanche morose d'avril. Plutôt que de rester enfermés à nous morfondre nous décidons d'aller visiter la dite maison sur le principe de : ça nous donnera toujours des idées.

Rendez-vous fut donc pris avec le propriétaire. Il nous fit de la localisation une description aussi sibylline qu'il l'avait fait de sa maison dans le journal. Et, bien sûr, nous finîmes totalement égarés. Nous décidâmes de nous arrêter à la première maison venue , dans ce trou perdu, pour demander notre chemin.

Enfin une maison, au milieu de nulle part !

Mon homme descend de la voiture pour demander sa route et moi je reste avec une amie qui nous accompagnait. Je pousse un gros soupir :Ha ! Tu vois, si seulement nous avions les moyens ! Voilà, c'est exactement celle-là la maison de mes rêves. Ben, tu sais à moi aussi elle fait cet effet là. me répond-elle. Soupirs de concert.

L'homme ne revenant décidément pas, nous descendons de voiture. Nous allons d'émerveillement en émerveillement. Cette vue ! Et les prés, les prés tout autour. Les chevaux tout autour de la maison, tu imagines ! Ce rosier rouge qui grimpe sur la facade ! Cette grange à pans de bois ! Ce vieil hangar à foin, quel charme !

Et puis je le vois. Il n'est plus avec nous. Il est sur un petit nuage. Et dans ses yeux, brusquement, je comprends. C'est là !

Je crois qu'avant même de visiter l'intérieur, de manière tout à fait déraisonnable, notre décision était prise. Nous étions arrivés au bout du chemin. Nous venions de tomber amoureux d'une maison, d'un lieu.

C'était le dimanche. Mon frère fit un voyage éclair, le lundi, pour voir s'il n'y avait pas de vice caché. Le mardi nous avons signé la promesse de vente et...eu les clés.

Oh, bien sûr, son prix avait ses raisons. Une toiture à refaire qui greva totalement le budget réfection intérieure. Un chemin inondé une partie de l'hiver. Ce qui à l'usage est pesant.

Oh, bien sûr, nous eûmes finalement quelques mauvaises surprises. Une chaudière qui rendit l'âme et qu'il fallut remplacer au lieu de faire la salle de bain. Et d'autres menus désagréments.

Il reste beaucoup de travaux à faire à ce jour et vu notre budget ce sera long.

Le grand-père de mes enfants m'a dit : Tu sais, une maison c'est vingt ans de travaux et après on repart au début parce que c'est abîmé. Je comprends aujourd'hui ce qu'il essayait de m'expliquer alors.

Je réalise en écrivant ces lignes qu'à peu de jours près nous fêtons nos cinq ans de vie commune. Pour son anniversaire mon amoureux vient de lui refaire de jolis toilettes en bois. Bon anniversaire !

J'ai noirci des pages de papier, installée dans le jardin. Elle est derrière moi et je sens mon dos bien appuyé. Les enfants jouent dans leur jardin.

Voici comment voulant nous installer sur les contre-forts du Morvan nous nous retrouvâmes en bord de Loire...

Chaque hiver, lorsque nous sommes pris par les eaux, il y a quelqu'un pour poser la question : Mais, vous n'envisagez pas de la revendre cette maison ?

La revendre notre maison ? La maison de nos enfants ?

A chaque fois qu'en voiture ou en vélo j'en prends le petit chemin, le miracle se reproduit. J'ai un pincement au coeur, un pincement d'émerveillement. C'est chez nous ? Cette lumière qui m'attend parfois le soir...

Courage Allie, un jour, au détour d'un chemin...

forsythias jaunes et barrière bleue


La théière du jour, série "cottage"

théière figurative en forme de maison avec une plante grimpante à fleurs rouges sur la facade


Ballade en famille

trois chiens et deux enfants sur un petit chemin entre des arbres

Par ordre d'apparition à l'écran :

  • Pluto, notre Dogue Allemand
  • Napoléon, notre Yorkshire, si si regardez bien. Deux kilos tout mouillé.
  • Bringer, bâtard de Border Collie et de Labrador, à l'âge catastrophique de six mois...
  • Nos enfants

La dame blanche

écharpe de brume sur un pré avec arrière plan de buissons de fleurs blanches


La théière du jour

théière figurative en forme de poisson blanc et bleu