La théière du jour
lundi 31 janvier 2005 à 15:29
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lundi 31 janvier 2005 à 15:29
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lundi 31 janvier 2005 à 15:06
Je farfouille sur mon étagère à thés, mais où est-il ce paquet ? Il faut dire qu'il attend depuis déjà bien longtemps, sagement, qu'enfin je l'estraie de sa cache et que je l'ouvre pour la première fois. C'est le Thé des Amants du Palais des Thés.
Lorsqu'on ouvre le paquet le parfum est entêtant avec une nette dominance du gingembre.
Pour moi le voyage commence à cet instant. J'étais jeune, nous étions jeunes. Et, avec l'homme de ma vie nous vivions en Egypte. Une de nos escapades préférées en dehors du Caire était Louxor. Et à Louxor nous n'avons jamais manqué au rendez-vous sacré avec Mahmoud. Mahmoud tenait un petit bouge de six mètres carrés dans lequel fier comme Artaban il arborrait toque et tablier blancs. Il y faisait effectivement une cuisine digne des plus grand restaurants. Mais ce n'est pas ce que allions chercher chez lui, quoi que nous ne manquâmes jamais une dégustation. Ce que nous allions chercher c'est une connivence qui s'était établie entre nous au premier jour. Un jour où nos pas guidés par le hasard nous avaient menés sur cette rive de Louxor (ou plus exactement sur celle de Gourna), entre d'autres estaminets avec vue sur le Nil, nous avions choisi celui-ci parce qu'y chantaient à ce moment-là des musiciens soudanais aux mélopées envoûtantes.
A la première seconde, avant même qu'il sache que nous parlions arabe et vivions sur place, Mahmoud avait succombé à notre couple d'amoureux. C'est ce qu'il nous raconta, plus tard, bien plus tard. Tout de suite nous eûmes une petite table verte avec la meilleure vue qui devint notre table, quitte à déménager des clients déjà installés. Tout de suite nous eûmes ce qui devint un cérémonial : Mahmoud nous dit, Vous les amoureux, je ne vous demande pas ce que vous voulez, je vais vous faire "le café spécial Mahmoud'", celui que Mahmoud fait avec son coeur rien que pour les gens spéciaux comme vous
. Nous n'avons jamais réussi à déterminer quelles épices exactement entraient dans sa composition. Et y tenions-nous vraiment ?
Ensuite Mahmoud s'asseyait avec nous et nous contait le Nil et Louxor, les siens...
Je fais lentement glisser du thé dans ma main, il est somptueux de noirceur, un parfum fruité vient de mêler aux effluves du gingembre. Les fruits qu'on retrouve par petits morceaux recroquevillés tranchants de leur notes orangées ou jaune sur ce thé à couleur de riche terreau.
Dans ma théière transparente je le vois sombrer très vite en tournoyant follement. Comme les amants on la tête qui tourne parfois. Qu'il porte bien son nom.
Très vite la liqueur s'assombrit pour prendre des couleurs prodondes semblables à celle...d'un café. Amateurs de thé léger s'abstenir.
Pendant que j'écris cette note : il infuse encore et encore, sans aucune amertume. Il se trouble et prends des parfums de plus en plus moelleux.
Je le déguste religieusement. Je revois les yeux pétillants de malice de Mahmoud et puis désormais pour toujours se surimpose les visages de deux amants à la Doisneau. Une tête alanguie sur une épaule.
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vendredi 28 janvier 2005 à 08:59
Le sujet de cette semaine :
Il y a sûrement des publicités qui par leurs images, musiques ou slogans vous ont marqué. Faites-nous partager ces intants d'émotions, de fou-rire et autres.
Signalez vos billets ici dans les commentaires.
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jeudi 27 janvier 2005 à 16:07
Je n'ai pas l'habitude de faire un petit tour sur La Toile le matin. Et puis ce matin, si justement j'ai commencé ma journée chez Anitta. Si, si ça influence une journée, essayez vous verrez. Donc, merci Anitta, je me suis dit :ce truc qui te noue l'estomac si tu essayais de le bloguer...
Alors, voilà, je vous explique. J'ai des bagages à faire. Non, je n'ai pas la chance de partir en expédition avec Nicolas Vannier. Vous savez bien que ce n'est pas la période du Trophée Camel. Je pars tout simplement (joie exquise) en week-end chez Mamaé avec mon fiston. Alors, où est le problème?
me direz-vous. Et bien, je dois faire des bagages pour deux jours, pour deux personnes. Vous ne vous rendez pas compte. En plus, je pars demain en début d'après-midi. Ce qui veut dire que demain je n'aurai que la matinée. Donc, impensable de faire les bagages demain matin, je n'aurai jamais le temps...
Je sens que vous ne vous rendez toujours pas bien compte. Mon petit mari, lui, mesure l'ampleur du désastre et il m'a d'ailleurs conseillé de commencer mes bagages dès ce matin (je recule l'échéance en écrivant là).
D'abord, reprendre la liste précieusement conservée de la dernière fois (c'est bien comme aide-mémoire) pour en faire une nouvelle. C'est essentiel la liste pour ne rien oublier.
Mamaé m'a déjà signalé : Tu sais que j'ai des produits de beauté, des lingettes et tout. Inutile d'emmener ton gros vanity.
Ben quoi, c'est juste un vanity. Il est même pas gros. Juste peut-être bourré à craquer. Et puis, je me sens toute nue sans mon vanity. Mais bon, je vais essayer.
Soyons mé-tho-di-que. Dégager un espace suffisant pour tout bien avoir sous les yeux (le lit deux places de la chambre d'amis). Exit le vanity, donc prendre le sac de voyage. Avaler quelques granules homéopathiques anti-stress et s'attaquer à la liste.
Le sac de voyage...Alors là ce n'est pas ma faute, je n'en ai qu'un de correct et pratique (poignée, roulettes et tout). D'accord il est un peu gros (il va encore boucher toute l'entrée de Mamaé) mais ce n'est pas moi qui l'ai choisi c'est un cadeau.
Prévoir pour chacun deux tenues. C'est raisonnable, non ? Il arrive qu'on se salisse. Allez, courage, on s'y met...
Bien-sûr il y a des choses que je veux absolument emmener et qui ne sont pas propres. Commencer un plan machine à laver (avantage, j'aurai trié tout le linge)...
Je commence à avoir le souffle court. Faire quelques exercices de respiration yoga et une pause thé-internet...
12h34 :Au secours, je ne vais jamais y arriver
. On se calme, on respire...
14h15 : léger blocage du dos. Ca doit être l'opération grand trie du linge, hum , hum...
15h25 : tout est sur le lit (les cadeaux pour la P'tite Fée emballés). C'est un sacré chantier. "Y a qu'à" mettre dans le sac...
15h40 : C'est dans l'sac, comme on dit (enfin, il y a plein de trucs qui auraient été plus pratique dans le vanity).
Et c'est là que tout va commencer à se dégrader. Parce que ce sac, il n'est pas très plein. Il y a encore de la place dedans et moi je vais de ci de là butiner dans la maison en me disant : Et cette belle écharpe à paillettes qui plairait tant à la P'tite Fée, et ce pull on ne sait jamais...
Inutile de me dire que je suis un cas pathologique, je le sais. Il n'est même pas utile non plus que j'aille m'allonger sur le divan d'un psychanaliste, je connais les raisons de ce branle bat de combat mais comme elles sont un peu tristes j'en resterai là.
Et, j'adore les voyages !
En espérant que ce billet, en plus de m'avoir permis de tenir le coup , pourra amuser les coccinelles.
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mercredi 26 janvier 2005 à 15:51
Maman, que tu es belle !
me dit l'autre soir ma fille de cinq ans, avec un regard émerveillé.
Quand tu seras morte, je te piquerai ton pull.
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lundi 24 janvier 2005 à 19:52
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lundi 24 janvier 2005 à 19:24

Pour que 2005 soit une année de couleurs...
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lundi 24 janvier 2005 à 18:47
Un petit temps de connection pour mettre en ligne ma théière du jour et un billet en cours et puis...j'ouvre ma boîte aux lettres et y découvre de merveilleux messages. Des messages de sagesse et de poésie, des messages de tendresse partagée, des messages de respect. Alors je relève la tête, qui est toujours un peu basse ces temps-ci, et prends avant tout le temps de répondre à ces doux mails. Mes écrits s'envolent vers d'autres cieux.
Qu'est-ce qu'un blog ? Peut-être un moyen extraordinaire de faire de belles rencontres.
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dimanche 23 janvier 2005 à 19:11
Le sujet de cette semaine lancé par Lithium :
Prenez un livre, le premier que vous trouvez, n'importe... Ouvrez-le à la page 12, trouvez la 3ème phrase et notez la en entier.
Ce qui l'étonnait le plus, c'était de constater à quel point il préférait sa nouvelle personnalité.
Anne Perry, Mort d'un étranger
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dimanche 23 janvier 2005 à 18:58

Pour que 2005 soit une année de tendresse...
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vendredi 21 janvier 2005 à 19:24
Alvéolite Quel drôle de nom pour un garçon...
Jeudi je me rends donc chez ma dentiste transformée en humble vermisseau rampant, honteuse d'être une petite nature qui ne supporte pas la douleur, certaine de me faire enguirlandée (merci d'avoir pris de mes nouvelles).
Ouvrez la bouche, on va voir ça
. Vous avez remarqué c'est toujours comme cela que ça commence.
Ca ne me plaît pas du tout
. A moi non plus, comme les grands esprits se rencontrent.
Ah ! mais nous avons une superbe alvéolite !
??
Bon, je vous explique et résume le reste de la séance. Il n'y a aucune cicatrisation et une grosse inflamation de l'os. Depuis c'est formidable , je dois aller tous les jours me faire poser un pansement anesthésiant la douleur pendant quelques heures. Ils ont un goût qui ne laisse plus aucune chance à une quelconque dégustation de thé. Après, il faut prendre des médicaments qui me mettent dans un état tout à fait second (explication des commentaires bizarres que j'ai laissé sur vos blogs, vous êtes en droit de les effacer). Et il y en a pour dix jours.
Seule bonne nouvelle, et que je me l'enfonce dans la tête, je ne suis pas une petite nature. La dentiste s'est exclamée : Mais comment avez-vous fait pour supporter ça ?
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vendredi 21 janvier 2005 à 18:12

Pour que 2005 soit une année de séduction...
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jeudi 20 janvier 2005 à 12:35

Pour que 2005 soit une année gourmande, dans tous les sens du terme...
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mercredi 19 janvier 2005 à 18:57
C'est là. Je me suis prêtée de bonne grâce au jeu parce que...cet homme là j'arrive rarement à lui dire non, le bougre.
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mercredi 19 janvier 2005 à 18:20

Vendredi dernier...je me suis fait arracher une dent...
Tu verras, ça a beaucoup évolué m'a-t-elle dit. Parce que pour tout vous dire j'y allais un peu contrainte et forcée. Je confirme les progrès de la technique (petit gel anesthésiant et tout) mais...cinq jours après je trimballe toujours une tête à faire peur vu que la souffrance est intolérable ( en tous cas, je la tolère de moins en moins), que je suis bourrée de médicaments qui me transforment en zombi et que la seule solution que j'ai trouvé c'est les somnifères car quand je dors au moins je n'ai pas mal.
Tu me fous la trouille avec ton histoire de somnifères me dit-elle tout à l'heure. Appelle la dentiste .Ca ne m'était pas venu à l'idée. C'est vrai quoi la souffrance c'est une chose de tellement intégré à ma vie que je ne vois pas où est le problème. Bon, là j'arrête, je sens que je vous fous la trouille.
J'appelle donc ma dentiste. Manque de chance, elle n'est pas là aujourd'hui. Mais sa secrétaire hurle et me dégage en vitesse un rendez-vous pour demain car il paraît que la situation est totalement anormale.
Bon, j'ai toujours mal à hurler et l'envie de tout casser dans la maison (on ne touche pas aux théières! ) mais j'ai au moins le sentiment qu'on va me prendre en charge et que la souffrance n'est pas une fatalité journalière, un grand pas pour moi.
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lundi 17 janvier 2005 à 18:32
Moins prendre les choses au sérieux (un sacré défi pour moi).
C'est possible via Lithium, via Etolane grâce à ce délicieux générateur de bonnes résolutions :
Hum, hum...
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lundi 17 janvier 2005 à 18:10

Pour que 2005 soit une année de voyages...
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vendredi 14 janvier 2005 à 15:27
Je m'étais totalement repliée sur moi-même ces derniers temps. Crispée sur ma souffrance au point de ne plus pouvoir faire autre chose sans une attaque de panique.
Hier, ma thérapeuthe me prescrit un retour d'urgence sur La Toile. Comment imaginer il y a quelques temps qu'une "blog addict" dans mon genre décrocherait à ce point...
Ma connection me sera-t-elle remboursée par la sécurité sociale ?
Je reviens sur la pointe des pieds. J'entrouve doucement vos portes (je déteste les fils RSS). J'ai l'impression que plus rien ne peux me sortir de moi-même et puis ici et là...les mots m'absorbent totalement...Je regarde ma montre, comme le temps passe vite.
Je reviens sur la pointe des pieds.
Allez il suffit d'un petit clic pour envoyer cette note même si elle me semble vaine.
Sur la pointe des pieds...
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vendredi 14 janvier 2005 à 14:40

En hommage au vieil homme d'hier.
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jeudi 13 janvier 2005 à 18:28
Jour de tristesse, jour de désespoir. quelqu'un qui sanglote sur un parking de supermarché ça fait peur, on détourne les yeux.
J'ai garé ma voiture pour la énième fois en ravalant mes larmes. En même temps un sentiment de colère m'habitait. Je me disais : Moi qui fais si souvent l'effort d'offrir un sourire, un bonjour joyeux aux autres, il n'y aura donc personne pour me tendre la main aujourd'hui où j'en ai tant besoin.
J'ai traversé la rue en me dépêchant...pressée même dans la détresse. Je n'avais pas spécialement fais attention. Il était juste là dans mon champ de vision. Visage burriné, mains calleuses de paysan...Il allumait un petit cigare et...il m'a souri avec connivence : Ca n'est pas très bon hein ça?
Je lui souri à mon tour : il faut bien avoir un vice...
On a bloqué le coin du trottoir sous l'oeil furieux des passants, un bon quart-d'heure à parler de tout et de rien.
Simplement de sa solitude à ma détresse un pont s'était formé.
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samedi 8 janvier 2005 à 18:43

Météo annoncée : soleil le matin et nuages l'après-midi.
Mais rien ne laissait présager cette glorieuse beauté du gel déposé sur notre campagne. Tout scintillait d'une poudre magique dont mon regard ne voulait pas se détacher. Tout était transfiguré. Et parce qu'il l'était pourquoi pas moi ?
Déjà en m'habillant pour amener les enfants à l'école, ma décision était prise. Tenue pratique et chaude pour une mâtinée à bicyclette...
Un thé bien chaud et en route avec mon nouveau complice, mon cadeau de Noël inespéré, mon nouvel appareil photo (dont je ne maîtrise pas encore toutes les possibilités) .
Ballade lente à l'aller. Pédaler lentement en me saoulant de l'air glacé, du bleu du ciel, le regard toujours aux aguets pour m'arrêter prendre une photo. Voir le soleil avancer lentement sur les champs et faire fondre la belle poudre scintillante. Mais que le vert était beau aussi, tout neuf.
J'ai été trop loin. Trop loin pour mes muscles endormis par quelques semaines d'abandon. Trop loin pour l'heure qui tourne si vite parfois. Mais j'avais un rendez-vous précieux. Je voulais aller jusqu'au bout d'un chemin où souvent à cette saison viennent des cygnes migrateurs.
Miroitement de l'eau, reflet des arbres et puis au détour d'une haie leur blancheur imaculée, leur nage sereine...
Le retour fut bien différent. Foin d'images à traquer, il fallait pédaler. Je sentais douloureusement chaque muscle et déjà derrière moi le ciel moutonnait. Mais là au-dessus de moi, en moi, il était si bleu.
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